Category: HISTORIQUE DES ARTS-MARTIAUX


HISTORIQUE JUDO / JU-JITSU

HISTORIQUE JUDO / JU-JITSU

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Jigoro Kano : Le Fondateur ( 1860 – 1938 )
C’est un universitaire et haut fonctionnaire impérial, né à l’aube de l’ère MEIJI qui a connu la foudroyante modernisation du Japon qui entraîna son ouverture au reste du monde, qui a créé et diffusé le Judo. J.KANO, pénétré de tradition mais inovateur; intègre et idéaliste, mais habile; soucieux avant tout d’éducation et de progrés moral, mais rapide à saisir le dynamisme du système sportif occidental. Tel est la personnalité forte et complexe du père du judo.

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18/10/1860 : Naissance à Mikage ( prés de Kobe ), de Jigoro, 3ème fils de Jirosaku Mareshiba KANO, intendant naval du shogunat Tokugawa.
1871 : La famille KANO se fixe à TOKYO.
1877 : Jigoro KANO rentre à l’université impériale de TOKYO.
1878 : Il fonde le Kasei Base Ball Club ( le premier au Japon ), entre au Tenshi’yo ryu.
1881 : Licencié es lettres – entre au Kito ryu.
1882 : Diplômé en sciences esthétiques et morales.
1884 : Attaché à la maison impériale.
1885 : Reçoit le 7ème rang impérial.
1886 : Reçoit le 6ème rang impérial – promu vice président au collège des nobles.
1888 : Recteur au collège des nobles.
1889 – 91 : En mission en Europe pour le compte de la maison impériale.
1891 : Promu conseiller du ministre de l’éducation.
1893 : Directeur de l’Ecole Normale Supérieure puis secrétaire du ministre de l’éducation.
1895 : Reçoit le 5ème rang impérial.
1899 : Nommé président du BUTOKUKAI ( centre d’étude des arts martiaux).
1902 – 05 : Accomplit deux missions en Chine.
1905 : Reçoit le 4ème rang impérial.
1909 : Il est le premier Japonais membre du Comité International Olympique.
1911 : Président de la Fédération Sportive ( unique ) du Japon.
1912 – 13 : Accomplit des missions en Europe et en Amérique.
1916 : Reçoit le 3ème rang impérial.
1920 : Prend sa retraite de fonctionnaire et se consacre entièrement au Judo.
04/05/1938 : Meurt sur le bateau qui le ramenait du caire ( assemblée générale du C.I.O ); Reçoit le 2ème rang impérial à titre Posthume.

La préhistoire du Judo

« Le JUDO à pour ancêtre le JU-JITSU, en effet Jigoro Kano était un spécialiste du Ju-jitsu qu’il avait étudié dans plusieurs écoles et dont il a extrait les techniques de projection et de contrôle que nous connaissons actuellement. »

1) Les origines des Arts Martiaux.La première mention qui en est faite, se trouve dans une ancienne histoire du Japon datant de l’an 720. Il y est mentionné un tournoi de lutte tenu sous l’empereur SUININ, pendant la 7ème année de son règne, soit en l’an 24 avant J.C.Le mot JU-JITSU apparaît en europe dans certains ouvrages publiés avant 1600 en Hollande. (Période TOKUKAWA ). Avant l’apparition des armes à feu, les combats se déroulaient avec des armes de jet tel l’arc ou le javelot, ou près avec le sabre, le couteau ou à mains nues ( KUMI-HUCHI ). Le port des armes étant réservé aux nobles, le reste de la population, n’avait d’autre choix que de développer des techniques de combats à mains nues ou d’utiliser les outils agraires pour se défendre (KO-BUDO). Les moines ont joué un rôle trés important dans le développement et la diffusion de ces techniques, ils se déplaçaient en effet très souvent et n’étant pas nobles, n’avaient pas droit au port des armes. Il faut aussi mentionner des dessins représentant des postures et des mouvements étrangement semblables à ceux que nous connaissons aujourd’hui et qui ont été relevés sur une fresque égyptienne datant d’environ 2000 ans. Rappelons aussi, les techniques de luttte et de combat au bâton qui étaient utilisés plus près de nous en Europe au moyen âge. Ceci pour dire que les Arts Martiaux se développèrent de manières quasi universelle, mais qu’ils n’eurent sans aucun doute jamais, un développement aussi important qu’au Japon.

2) Le passage des JITSU vers les DO. La légende veut que tout ait commencé par un vieux médecin chinois qui faisait une promenade en forêt durant un rude hivers, remarque comment de fines branches de pin, s’inclinaient sous le poids de la neige afin de s’en débarrasser, et pouvaient ainsi se redresser sans dommage alors que les branches d’arbres plus robuste cassaient sous le poids. C’est à partir de là qu’il imagina les premières techniques de JU-JITSU (art de la souplesse) avec ses premiers principes comme l’utilisation de la force de l’adversaire pour la retourner contre lui et le vaincre. L’harmonisation fut très lente, en effet, les différentes écoles gardaient jalousement le secret de leurs techniques, d’autant plus qu’elles pouvaient être un atout majeur lors d’une rencontre sur un champ de bataille, ces techniques étant surtout utilisées lors de combat entre armées de seigneurs rivaux.C’était l’époque de BO-JITSU ( L’ art du guerrier ) et qui a duré du VII ème au XIII ème siècle pendant les grandes guerres civiles qui ont ravagé le pays.Suivra l’époque du BU-GEI ( entraînement du guerrier ) qui verra apparaître un début de codification des techniques et d’apprentissage systématique. Des manuscrits illustrés décrivent les prises et techniques, les premières écoles ( RYU ) apparaissent. Puis vînt l’époque du BUDO ( la voie du guerrier ). Suite à une trés longue période de paix instaurée par le shoguna (ère TOKUGAWA vers 1603), les batailles entre armées n’avaient plus lieu d’être et les écoles se multiplièrent et s’ouvrirent au plus grand nombre. Vers le milieu des années 1800, on dénombre 159 écoles majeures d’arts martiaux réparties en 8 familles dont le JU-JITSU.Ces écoles en se multipliant, évoluèrent aussi et passèrent des JUTSU ( arts, ensembles de recettes ), vers les DO ( voie, styles de vie ). Ainsi le IAÏ-JITSU devint le IAÏ-DO, l’AÏKI-JITSU devint l’AÏKIDO, le KEN-JUTSU devint le KENDO, etc…, et le JU-JITSU le JUDO.
L’histoire du Judo dans le monde. Jeune, Jigoro Kano était petit et chétif tant et si bien que ses camarades se moquaient de lui en permanence. Il reçu le sabre des samouraï à 10 ans, juste avant que l’empereur Meiji n’en interdise le port. Du fait de sa santé fragile, Jigoro Kano décida de s’adonner au sport pour se développer le corps. Ce fut d’abord la gymnastique et base-ball, sport pour lequel il créa le premier club du Japon en 1878.Il ne commença l’étude du ju-jitsu qu’a l’âge de 17 ans au moment de son entrée à l’université de lettres, avec le maître Hachinosuke Fukuda au sein de l’école Tenjin-Shinyo-Ryu dans laquelle il découvre l’Atemi-waza et Katame-waza.Jigoro Kano allait au dojo tous les jours. A l’époque, les judogi avait des manches courtes et les pantalons ressemblaient à des bermudas. Les entraînements étaient très rudes et Jigoro Kano en revenait souvent couvert d’ecchymoses et d’égratignures. Mais jamais il ne se serait plaint. Il devint plus fort et résistant, mais restait petit et lèger. Aussi essayait-il de bien étudier les autres pratiquants sur leurs techniques et leurs déplacements afin de mettre au point des techniques lui permettent de les vaincre. Ainsi, dans le cours de maître Fukuda, il y avait un élève, Kenkichi Fukushima qui pesait près de 90 kilos. Après l’avoir bien observé, il lui demanda à la fin d’un cours si il acceptait de le rencontrer. Il le projeta, malgré son poids, de façon spectaculaire avec une technique qu’il venait de mettre au point, KATA-GURUMA. A la mort du maître Fukuda, Jigoro Kano, entre à l’école Kito-ryu, où il découvre un esprit qui ne le quittera plus et qu’il inclura plus tard dans sa propre méthode. Il s’agit d’un principe : (Minimum d’énergie, maximum d’efficacité) ou (utilisation efficace de l’énergie) SEIRIOKU ZENYO.Dans le même temps, Jigoro Kano, que sa soif de connaissance dévorait, fréquentait les bouquinistes et achetait tous les vieux manuscrits qu’il pouvait trouver. Il put ainsi se procurer des documents originaux d’autres écoles. Il apprit les techniques du Sumo et redécouvrit l’ancien art des saisies ( KUMI UCHI ) qui aboutira au travail primordial du Kumi Kata en Judo. De toutes ses recherches et études, il fit une synthèse et décida de créer son propre Dojo. Ceci se fit en 1882, à côté du petit temple shintoïste d’Eisho-ji où il avait élu domicile. Ce Dojo comptait 12 tatamis ( env. 24m² ) et 9 disciples venaient y étudier dont Shiro Saïgo qui allait bientôt devenir célèbre. Il nomma cette école le KODOKAN. La réputation de l’école ne tarda pas à se propager. Cela rendait jaloux les maîtres des anciennes écoles. A l’époque, la coutume était de se lancer des défis entre écoles concurrentes afin de prouver son efficacité par rapport à l’autre. La tradition étant d’emporter l’enseigne des vaincus, le Dojo de ces derniers perdait presque tous ses élèves. Ainsi, l’école du maître Jigoro Kano gagna bien des défis qui lui furent lancés par bon nombres d’autres écoles.Le Dojo ne cessa de s’agrandir et de déménagements en déménagements passa de 12 tatamis à 167 tatamis en l’espace de 7 années. Le Judo Kodokan est reconnu en peu de temps comme excellent et efficace depuis ses étudiants ont vaincu des athlètes d’autres écoles de Ju-Jitsu et des brigades de polices spéciales rompus au bujitsu.La plus célèbre rencontre à laquelle ont participé les élèves du Kodokan, est celle organisée par la préfecture de police de Tokyo. Shiro saïgo avait été désigné pour combattre avec Entaro Koshi, une sorte de géant patibulaire surnommé le démon de l’école TOKUZA.Saïgo esquivait simplement les attaques de Koshi et semblait se moquer de ses tentatives pour l’atteindre?A un moment pourtant Koshi trouva l’ouverture et réussit à attaquer Saïgo. Il le souleva à hauteur de ses épaules et le projeta à terre de toutes ses forces. Mais Saïgo que l’on surnommait « le chat » était tellement agile qu’il réussit à retrouver son équilibre au milieu de sa trajectoire et se retrouva à nouveau debout face à Koshi. Le démon de l’école TOKUZA eut une seconde de stuppeur que Saïgo mit à profit, il fit basculer par dessus son épaule avec une projection devenue célébre mais aujourd’hui plus utilisée, « YAMA-ARASHI ». Ceci était réellement le premier pas de sa fulgurente ascension. Jigoro Kano présente le Judo comme un exercice physique accessible à tous. Il procède avec l’organisation du Kodokan à l’élaboration des règlement du Judo. Il devient le premier membre asiatique du C.I.O. en 1909 et travaille pour le développement du Judo dans le monde entier. Le Judo devient sport invité aux J.O. de 1964 à Tokyo, supporté par tous les fans de Judo de la planète. Il devient enfin sport officiel du programme olympique aux J.O. de 1976 à Montréal. C’est maintenant un sport très populaire partout dans le monde. Le  » JUDO « , sport maintenant pratiqué partout dans le monde, est le véritable Judo du Kodokan, créé en 1882 par Jigoro Kano. Ceci est clairement établi dans l’article 1 des statuts, de la Fédération Internationale de Judo (F.I.J.). « La F.I.J. reconnait comme  » Judo  » celui créé par Jigoro Kano ».
L’histoire du JUDO en France.On peut dire qu’en France il y a deux périodes pour le JUDO et le JU-JITSU;

L’avant KAWAISHI et l’après KAWAISHI.

1 – Avant KAWAISHI.En 1904, Ernest Régnier, qui se faisait appeler RE-NIE, ouvre rue de Ponthieu à Paris, une salle où il enseigne un mélange de lutte et de Ju-Jitsu. Il avait étudié à Londres dans une école Japonaise. L’évenement qui allait donner le premier élan au Ju-Jitsu, fut un combat qui eut lieu en 1905 le 26 Octobre, en plein air, sur la terrasse de l’un des bâtiments de l’usine de carrosserie Védrien à Courbevoie. Ernest Régnier a 36 ans, il pèse 63 kilos et mesure 1m65, son adversaire, Georges Dubois, maître d’armes et de boxe, est également professeur d’escrime et sera maître d’arme à l’opéra-comique de Paris. Il mesure 1m68, pèse 75 kilos est âgé de 40 ans.Après le tradionnel  » Allez messieurs!  » de l’arbitre, le combat commence, les deux hommes s’observent. Sur une feinte de RE-NIE, Dubois attaque par un chassé bas que RE-NIE esquive. S’ensuit un corps à corps qui continue au sol où Dubois essaye d’étrangler RE-NIE, mais celui-ci se saisit du poignet de Dubois et lui porte une clé appelée JUJI-GATAME. Dubois s’avoue vaincu, le combat a duré moins de 30 secondes. Au lendemain de sa victoire, RE-NIE reçoit un grand nombre de demandes pour écrire un livre sur le Ju-Jitsu de la part de nombreux hommes de lettres. Guy de Montgrillard vas ainsi participer à la rédaction d’un livre appelé  » Les secrets du Jiu-jitsu  » RE-NIE devient professeur de Ju-jitsu dans le club du professeur Edmond Desbonnet sur les champs élysées, le succés est immédiat, et toutes l’aristocratie parisienne veut apprendre cette méthode qui permet à un homme de 50 kilos de terrasser un colosse de près de 2 fois son poids.Cet engouement se terminera de la même manière qu’il a commencé, par un combat ou RE-NIE est agressé sournoisement lors d’une démonstration par Witzler, un lutteur professionel qui lui porte un coup de tête qui projette RE-NIE au tapis la figure en sang. Le combat suivant entre 2 instructeurs Japonais de Londres, n’est pas fait pour arranger les choses, un des deux hommes attrapant le second par les organes prouvant sa virilité et le contraignant à l’abandon. Ce geste ne fit rien pour la  » grandeur  » du Ju-jitsu, bien au contraire, les débordement survenus dans la salle à la suite de cette action, poussèrent la préfecture à règlementer les combats de Ju-jitsu : les combats entre Japonais son interdits.Peu à peu, le Ju-jitsu retombe dans l’anonymat.

2 – Aprés KAWAISHI.Il faut attendre 1932 et une conférence de Jigoro Kano pour que tout recommence. Moshe Feldenkrais, ingénieur et chercheur, passionné d’arts martiaux assiste à cette conférence et présente au maître, un livre qu’il a écrit sur le Ju-jitsu. En 1934 les deux hommes se rencontrent à nouveau. En 1935, Moshe feldenkrais, conscient des lacunes dont lui et ses amis souffrent, fait venir d’Angleterre le maître KAWAISHI alors 4ème DAN, pour y enseigner le Judo au sein d’une section d’un club de gymnastique et de culture physique réservé à des élèves de confession juive. KAWAISHI MINOSUKE (1899-1969) Le Ju-jitsu Club de France était né, dont Jigoro Kano est le président d’honneur. Les pionniers du Judo en France sont des intellectuels, chercheurs ou journalistes tels : Feldenkrais, I et F Joliot-curie ( secretaire générale ), Biguart, Bonnet-maury ( Président ), C.Faroux. A la demande du maître KAWAISHI, cette section fut immédiatement ouverte aux élèves de toutes confessions. Cette section siègerait au 62 de la rue Beaubourg. Très rapidement, un second club ouvrit ses portes le 22 février 1936 rue Thénard toujours à Paris, dans le quartier latin, C’était le Club Franco-Japonais. En septembre 1939, lorsque la guerre éclate, Moshe feldenkrais doit rejoindre l’Angleterre Maître KAWAISHI regroupe les deux Clubs en un seul et prend en main la destinée du JUDO en France. La guerre de 39-45 freine un peu le développement du JUDO en France sans le stopper. Dès 1941 le JUDO s’organise: il devient une section de la Fédération Française de Lutte. Le 30 mai 1943, a lieu le premier championnat de France à Paris salle Wagram, un championnat sans catégorie de poids ni d’âges. Cette compétition attire 3000 spectateurs et draine 19 fois plus que celle réalisée au dernier national de lutte. Le 9 mai 1944, un mois à peine avant le débarquement en Normandie, se déroule les seconds championnats nationaux au palais des glaces à Paris. Maître KAWAISHI, est contraint de rejoindre le Japon qui vient de rentrer en guerre, non sans réunir ses plus anciens élèves en leur faisant promettre de rester unis et de s’entraîner le plus souvent possible sans abandonner le JUDO. Le collège ( C.N.C.N. ) allait naître de cette réunion, collège dont les statuts seront déposé en Novembre 1947.Avant la fin de la guerre, des clubs se sont ouverts à Paris et en banlieue, comme le Club St Honoré avec London, Opéra avec Lamotte, Cercle Sportif avec Mercier et Andrivet, St Martin avec Peltier, JC Nanterre avec de Herdt.Le 5 Décembre 1946, le journal officiel publiait la naissance de la Fédération Française de Judo. En 1948 Maître KAWAISHI rentre en France et doit s’accommoder des nouvelles structures; La Fédération et le CNCN étant nés pendant son absence. L’année 1951 fut décisive pour l’histoire du JUDO. La France adhère à l’union européenne, puis organise les championnat d’Europe à Paris au Vel’d’Hiv. devant 12000 spectateurs et la même année, voit la fondation de la Fédération Internationale. S’ensuivirent quelques dissensions qui rappellent celles que dut subir Jigoro Kano à ses débuts et qui s’estompèrent rapidement même si la divergence des styles et des opinions existe encore, cela fait la richesse du JUDO

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HISTORIQUE du SAMBO

Historique de la création du Sambo

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L’histoire du Sambo a été faussée par les purges et la censure de Staline. Elle est restée pendant longtemps déformée pour les Soviétiques et beaucoup ont cru qu’Anatolii Kharlampiev était le seul fondateur du Sambo. Les noms de Vasilii Sergeevich Oshchepkov et V.A. Spiridinov sont restés dans l´ombre sans être mentionnés.

En nous inspirant d’un article intitulé « Création du Sambo » de Michail Lukashev, nous avons voulu rendre hommage à celui qui est , désormais, considéré comme « le Père du Sambo » : le fameux Vasilii Sergeevich Oshchepkov (créateur né dans une prison du tsar et un des nombreux morts du stalinisme).

Le premier document qui tomba dans les mains de Michail Lukashev fut le magazine « Ogonyok » qui contenait un article fascinant écrit par Rahtanov au sujet de « L’histoire du Sambo ». Cet article rend un vibrant hommage à Anatolii Kharlampiev et le désigne comme le créateur d’un système soviétique de lutte libre et de self-défense nommé Sambo. Il rapporte également qu’Anatolii Kharlampiev voyagea à travers presque toute l’Union soviétique, collecta et rassembla les méthodes les plus efficaces de luttes et de self-défense de toutes nationalité…

Au grand meeting de 1938 qui rassembla les lutteurs de toute l’U.R.S.S, il dit : « Je vous propose, au lieu de vous engager dans une discipline étrangère, comme l’exotique lutte du Judo, d’essayer plutôt votre talent dans notre lutte libre soviétique ». Puis, même avec les yeux bandés, il vainquit tous ceux qui doutaient des avantages de sa création. Il fut décidé de nommer ce système « SAMBO » (« SAMozashchita Bez Oruzhiya » = « Self-défense sans arme ») parce que ce système laissait la possibilité de se défendre des attaques adverses sans être armé.

Michail Lukashev fit de très longues recherches sur l’histoire du Sambo. Il les cibla d’abord sur Spiridinov ne comprenant pas pourquoi il y avait très peu d’informations à son sujet. Il n’y trouva rien d’important et beaucoup de membres de sa famille étaient décédés. Il n’y avait plus son dossier dans les archives du « Dynamo Club » de Moscou. Puis, en remontant le réseau des différentes relations, il finit par trouver un certain Zhamkov qui était maître de tir et chef de Spiridinov quand il travaillait ces dernières années au Dynamo. V.A. Spiridinov créa un système appelé Sambo qui était la synthèse de méthodes à base de Ju-jutsu, de Luttes Libres Américaine et Française, de Self défense et de Boxes Anglaise et Française. C’est ainsi que Lukashev releva la première information au sujet de ce fameux V.S Oshchepkov dont l’élève était Zhamkov dans les années 1920 à Vladivostok. On peut dire qu’il tomba par hasard sur l´histoire d’Oshchepkov.

Ensuite Lukashev finit par trouver le dossier au sujet de l’accusation d’Oshchepkov intitulé  » U.R.S.S NKVD (KGB) département de la région de Moscou. Boite n° 2641, selon la clause 58 de l´article 6 du code criminel russe. Vol 1″. Ce dossier très usé provenait d’un carton jaune sale, incluant les faits tragiques d’un homme merveilleux. Combien allaient être longues ses recherches sur ce dossier ?

A partir de ce moment là, Lukashev changea d’orientation en ce qui concerne ses investigations, et décida de découvrir qui était vraiment V.S. Oshchepkov dont voici le récit.

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Le fameux Vasilii Sergeevich Oshchepkov :  » le Père du Sambo « 

V.S. Oshchepkov est né en décembre 1892 dans le village d´Alexandrovskii, dans le centre pénitencier pour femmes qui se trouvait dans l´île de Sakhaline. Maria Oshchepkova, sa mère, était une paysanne veuve. L’enfant perdit sa mère à l´âge de 11 ans semblant ainsi promis à une destinée funeste jusqu´à ce que, quelques années plus tard, il rencontre Nicolai, archevêque d´une église russe orthodoxe du Japon (après la défaite des Russes en 1905, l’île Sakhaline devint territoire japonais). Oshchepkov reçut une éducation, et devint réellement au courant des traditions russes. La fortune commença à lui sourire ayant la possibilité d’être initié comme prêtre.

Mais Oshchepkov avait d´autres centres d’intérêts. L’archevêque avait une grande ouverture d´esprit et lui laissa la possibilité d’étudier le Judo, créé 25 ans plus tôt par Jigoro Kano. Oshchepkov entra ainsi dans une nouvelle culture. Il apprit rapidement les techniques du Judo et était apprécié par son professeur. Après avoir passé quelques tests, il fut admit le 29 août 1911 au Kodokan. Dans les archives du Kodokan, son admission constitue une sorte de record. Les spécialistes de Judo japonais pensaient que cet entraînement était au-delà des forces d’un européen. Les Japonais furent sans pitié pour lui ; les combats étaient très durs car il était traité par certains comme un ennemi. Il eut un bras cassé, fut jeté très rudement sur les durs tatamis, étranglé sans ménagement et connut de très difficiles moments. Il remercia ensuite ses partenaires qui lui permirent de devenir un judoka expérimenté.

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Trois mois plus tard, il reçut la ceinture noire. A cette époque, les Japonais étaient d’une très grande sévérité quant aux grades, surtout pour un étranger. Oshchepkov, lui, devint le premier russe ceinture noire. Ensuite, il retourna en Russie où il devint traducteur militaire, car il parlait à la fois le japonais et l´anglais.

De retour à Vladivostok, il enseigna son art à une nouvelle génération d’étudiants, puis il fut muté à Novossibirsk. Il y développa, enseigna et propagea sa science de la Lutte et de la Self-défense dans les milieux militaires. Il fit des démonstrations et le public fut impressionné par son efficacité dans l’art de désarmer les assaillants. Oshchepkov devint très populaire. Il fut invité à enseigner dans le club « Dynamo », connu comme le lieu d’entraînement des officiers d’Etat de la sécurité, ainsi que ceux de la milice.

C’est en 1929 qu’il ouvrit des cours de Judo, terme inconnu de la plupart des moscovites. Il organisait des compétitions pour ceux qui voulaient tester leurs compétences. Vasilii Sergeevich Oshchepkov était considéré par les Russes comme un grand maître tant son efficacité était sans mesure. Il était capable de défaire avec des clefs, des combattants armés de véritables baïonnettes, couteaux aiguisés, sabres ou armes blanches.

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Cette Lutte Moderne reçoit un nom « Sambo », créé par Spiridinov. Mais les contenus sont créés par Oshchepkov qui rejette absolument l’étude des méthodes et base son enseignement sur l’idée qu’une bonne maîtrise de la Self-défense ne peut se construire qu’avec les larges principes fondamentaux du sport. Le sport de combat est limité. L’entraînement physique permet d’obtenir l’habileté nécessaire à un bon combattant. Trouver le bon moment pour effectuer la technique la plus efficace par rapport à une situation donnée. Tout ce savoir-faire est réalisé dans des conditions réelles de stress. Les sports de combat sélectionnent les méthodes les plus concrètes par rapport au combat réel.


Peu à peu, le travail d’Oshchepkov et de ses étudiants devint d’avantage un laboratoire de recherche pour la création du Sambo rassemblant le meilleur de beaucoup de Luttes Nationales et Internationales, mais incluant naturellement le Judo (Oshchepkov étant à la base un maître de Judo). C’était quelqu’un qui avait le sens critique et tout ce qui ne lui semblait pas rationnel et efficace fut éliminé. Il remplaça les tatamis par des tapis de Lutte plus doux. Au lieu de larges vestes, il utilisa des vestes serrées. Il supprima les pantalons, utilisa des shorts et des chaussures légères de Lutte. V.S. Oshchepkov déclarait « L’Institut du Kodokan n’a plus maintenant de section de préparation à base d’exercices physiques. C´est impossible de développer l´organisme sans exercices spéciaux ».

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Oshchepkov inclut les clefs de Jambes, absentes dans le Judo Sportif. Cette technique était employée dans les entraînements et les compétitions par Oshchepkov et ses étudiants. Cette pratique fut accueillie comme nouvelle et différente du Judo Classique, ce qui était une des conditions pour la création de nouvelles techniques et combinaisons. Tous ces éléments apportaient des résultats, mais les facteurs décisifs n’étaient pas dans cette démarche.

Il analysa toutes sortes de luttes existantes qu’il lui fut possible d´étudier. Il s’intéressa aux Arts Martiaux Chinois. Il se concentra sur les percutions, mais aussi sur la façon de pratiquer la Lutte Gréco-romaine en France, Finlande (les français et les finlandais apportèrent beaucoup à son développement), et en Amérique. Il s’intéressa aussi aux Luttes de Suisse (spécialisées pour les saisies à la ceinture), du Caucase, de Géorgie (Chidaoba), d’Azerbaïdjan (Gulesh), d’Ouzbékistan (Kurash) et d’Iran, en recherchant des applications pour la Self-défense. Oshchepkov voulait répandre sa méthode de combat et travailla pour différentes organisations civiles et militaires.

Mais sa réelle heure de gloire sonna lorsqu’il enseigna à l´Institut de Culture Physique de Moscou, ce qui lui permit de former un nombre important de professeurs qui allaient enseigner ce nouveau système de Lutte et de Self-défense dans différentes villes. Ses élèves les plus célèbres furent : V.G. Kuzovlev, V.V. Sidorov, N.M. Galkovskii, I.V. Vasilev, R.A. Shkolnikov, A.A. Kharlampiev et bien d´autres. Très vite l’Institut de Moscou attira les meilleurs combattants des autres Républiques. Il organisa des compétitions.

Au début de 1960, le célèbre judoka Donn Draeger (septième dan de Judo, auteur d’ouvrages de référence) écrivait « Le Sambo a appris du Judo ; les samboïstes l’étudient très simplement et très rapidement. Je n’aime pas parler de ce sujet, mais il faut savoir qu’un lutteur de Sambo expérimenté, après quatre à six mois de préparation spécifique est capable de gagner contre un judoka quatrième dan ». Il fait ensuite références aux qualités des samboïstes observés par les judokas, notamment leur capacité à se défendre grâce à leur sens de l’équilibre contre les attaques venant de toutes les directions, que ce soit debout ou au sol ». Ils maîtrisent très bien les techniques de clefs et ils sont capables de les réaliser dans toutes les situations, même en partant de la position debout. Les judokas ne doivent pas l’ignorer, les samboïstes utilisent souvent ce type de technique. Les saisies du Sambo sont très fortes et efficaces. Le Sambo est un challenge pour le Judo. Avant le Sambo, le Judo se tournait trop sur lui-même. Il se sentait protégé au-delà des frontières japonaises. Maintenant, il existe une nouvelle forme de Lutte, le Sambo, qui démontre le surprenant fait, que le Judo n’est pas complet et qu’il est nécessaire d’en étudier les causes d’un point de vue plus moderne si on ne veut pas arriver à un désastre « .

Tous ses voyages et toutes ses expériences, Oshchepkov allait les payer de sa vie : Le Judo venant du Japon, il va peu à peu être soupçonné d’espionnage et assassiné dans des circonstances mystérieuses. En 1937, V.S. Oshchepkov est en train de finir de rédiger un livre. Tout le pays est sous l´oppression du dictateur Staline et de ses arrestations nocturnes. Le slogan à la mode est :  » Mieux vaut arrêter dix innocents que de laisser échapper un espion ». Le 29 septembre, il est accusé d’espionnage et arrêté car il a eu, par le passé, de nombreuses relations avec l´étranger. Il meurt à l’âge de quarante-quatre ans laissant derrière lui une œuvre considérable.

En conclusion, Oshchepkov et ses étudiants des Républiques du Sud et du Sud-Est n’ont pas seulement importé le Judo en U.R.S.S, ils ont fortement contribué à l’étude des techniques et des tactiques issues des différentes Luttes Nationales.

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Anatolii Kharlampiev cherche à se démarquer de son professeur.

L’été 1938, un rassemblement de toutes les Républiques fut organisé à Moscou. A cette occasion, Kharlampiev présenta aux nouveaux participants sa nouvelle création rassemblant toutes sortes de formes de Luttes. C’est ainsi que se développa le mythe qui place Kharlampiev comme l´unique et indépendant créateur du Sambo. En raison des événements politiques, Kharlampiev cherche à se démarquer de son professeur qui était considéré comme « ennemi du peuple ».

C’est vers 1930, avec le début de grandes compétitions (notamment entre cinq à six grandes villes organisatrices) et en 1939 (les championnats d’U.R.S.S), que le système de Lutte développé par Oshchepkov commença à être reconnu.

Plus tard, le système de Lutte développé par Oshchepkov changea deux fois de nom. De : « Style de Lutte Libre », il se transforma en « Lutte Libre », mais au milieu de 1940, les différentes sortes de Luttes Internationales commencèrent à se développer en U.R.S.S. Si bien que l´on trouve désormais deux systèmes avec le même nom russe. Pour la plus jeune sorte de Lutte, un nouveau nom était choisi « la Lutte Libre, le Sambo » parce qu’elle contient à la fois la Lutte et la Self-défense.

Kharlampiev dit que la création de l’abréviation « Sambo » est le seul mérite de V.A Spiridinov.

Après la seconde guerre mondiale, Kharlampiev devient le seul leader du Sambo. Il est interdit d’avoir des doutes quant à ses mérites. Sa dignité n’est pas autant élevée que ses qualités professionnelles. Même quand le nom d’Oshchepkov s’impose, Kharlampiev ne dit pas la vérité sur les origines du Sambo, ne donne pas son dû au professeur qui lui avait enseigné les premières bases. En outre, il développe son propre mythe. Il commence à dire qu’il a reçu l’ordre, en 1922, du héros de la Révolution N.I Podvoiski de créer le Sambo. Mais en 1922, Kharlampiev avait seulement quinze ans…

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La fameuse histoire de Rahtanov a été publiée plusieurs fois et reprise par plusieurs journalistes. Il y a eu un océan d´articles. Kharlampiev lui-même développa jusqu´à sa mort sa version dans beaucoup d’interviews. Le mythe devint ainsi un fait historique. Il y a quelques années, le film « Imbattable » s’inspira de cette légende.

Pour démêler le nœud de l’assassinat, approuvé par les officiels au plus haut niveau, Michail Lukashev eut à affronter les peurs évidentes, l’ignorance sûre d’elle-même, les très habiles mensonges et le dense rideau de l’oubli. Il a passé douze années de sa vie à faire des recherches.

Dans le même temps, il était impossible de publier des informations sur la véritable origine du Sambo. Quelquefois les écrits étaient bloqués par Kharlampiev. Une fois, il fit une mauvaise expérience. L’article originel qui devait paraître dans le journal « Nedelia » a été revu par lui-même car, Kharlampiev déclara qu’il n’était pas permis de le publier : « Les informations de cet article viennent essentiellement de source japonaise ».

Évidemment, après de tels relectures ou corrections, les articles n’étaient pas publiés étant l´objet d’une « lutte politique cosmopolite ». Cette grande campagne déshonorante a eu lieu durant de nombreuses années…. Il était nécessaire que toutes choses venant du pays devaient uniquement provenir des ancêtres. Il était préférable de falsifier que de reconnaître un apport venu de l´étranger.

Cet article apportait la connaissance de l’origine du Sambo qui vient du Judo et du Ju-jutsu. N’est-ce pas vrai que le Ju-jutsu lui-même vient de la Chine ! C’est un processus normal du développement des civilisations dans le monde. Les différentes cultures ont toujours fonctionné en inter-connexion. Y a-t’il quelque chose de mauvais à cela ?

En 1982, la mention dans un de ses livres de l´histoire de Rahtanov, provoqua une réelle avalanche sur la tête de l´auteur. Tous les étudiants de Kharlampiev, gradés de l´Institut Energétique de Moscou (lieu d´enseignement de Kharlampiev) furent en guerre contre lui. Maintenant, Lukashev trouve que c´est une réaction naturelle de vouloir défendre son professeur. Tous croyaient sincèrement les paroles de celui-ci. Mais, il est impossible de défendre une noble cause par des moyens déshonorants. Ils combattirent non contre une conception ou un opinion erronée, mais contre un homme qui affirmait cela. Au lieu de prouver les erreurs à travers un débat ouvert, ils écrivirent une lettre de dénonciation qu’ils envoyèrent au Comité Central du Parti Communiste d’Union Soviétique. Était-ce la dernière dénonciation ?

Le plus étrange au sujet de l´article, c’est qu’il ne fût pas rangé dans un casier, mais enregistré et envoyé au Comité des Sports des États de l´U.R.S.S pour être examiné par les autorités. La Fédération d’U.R.S.S de Sambo décida d’organiser une discussion autour du livre. Elle était programmée pour écraser et blâmer son auteur. Mais de nouveaux faits apparaissaient : le livre était dédié aux jeunes lecteurs.

Il contenait à la fois des histoires sur les arts martiaux et des informations sur la pratique. La surprise fut grande de voir qu’il intéressait beaucoup de vétérans du Sambo qui avaient apporté une grande contribution à la diffusion et au développement de cette discipline. Bien sûr, ils n’étaient pas intéressés par les leçons, chacun d’eux pouvant enseigner beaucoup de choses à l’auteur sur ce sujet. Ils étaient surtout attirés par l’Histoire du Sambo qui, pour la première fois, n’était pas falsifiée. Les vétérans connaissaient l’histoire réelle du Sambo et décidèrent de venir discuter et défendre leur opinion. Le plus actif fut Andrey Andreevich Budzinskii, deux fois champion d’U.R.S.S et un des premiers étudiants de Kharlampiev.

Le livre de Michail Lukashev déclencha des réactions. L’infatigable Budzinskii organisa le Concile des Vétérans de Sambo. Ils fouillèrent les archives privées, demandèrent aux états de communiquer les vieux documents, retrouvèrent d’anciens amis sportifs, envoyèrent des lettres aux musées et même prirent contact avec l’île si éloignée de Sakhaline. Ils trouvèrent de très intéressants documents. Sur la base de ces documents, l’auteur est capable de vérifier ses informations et de trouver de nouveaux faits pour l’histoire du Sambo.

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 Origine du  Systema (cnctema)

Le systema puise son origine dans plusieurs sources différentes. Parmi toutes ces sources, les deux influences principales se retrouvent surtout dans le Samoz (Sambo) de Victor Spirodonov avec l’intégration de la gymnastique militaire appliquée et dans les arts martiaux russes anciens, remontant jusqu’à l’époque des Bogatyr, et, plus près de nous, des Cosaques, qui pratiquaient eux aussi un art martial très proche et sans doute pour partie issu des luttes traditionnelles mongoles. Cette approche est cependant discutable et controversée car les liens reliant le systema aux arts martiaux russes anciens (AMR) n’ont jamais pu être clairement établis de manière spécifique et significative.En fait, ils seraient plutôt le résultat d’une campagne nationaliste, associant toute création, produit de l’URSS, provenant d’un patrimoine traditionnel, dans le but de favoriser et de promouvoir le patriotisme durant la période de la guerre froide. Aucun lien direct reliant le systema aux AMR n’a jamais pu être clairement établi ni prouvé. Diverses autres méthodes de combat corps à corps Soviet et provenant d’autres origines, datant de la Seconde Guerre mondiale, ont également influencé le systema.Le systema a été aussi connu durant la période de la guerre froide sous l’appellation de Combat Sambo Spetsnaz. Cet art martial russe est la forme évolutive du « Samoz » et/ou du « Sambo » de Viktor Spirodonov. L’évolution du Samoz de Spirodonov et du Sambo d’Oshchepkov a été maintenu en parallèle au sambo (sportif et militaire) par le NKVD qui lui-même est devenu le KGB par la suite. C’est hors du sentier officiel de l’évolution du Sambo militaire et sportif, que le systema fut créé, même si ce dernier se repose sur les bases des travaux de Spirodonov sur le Samoz.

Une autre théorie réside dans le fait que le systema moderne est le résultat d’une recherche intensive et du développement d’un projet s’échelonnant sur plusieurs générations d’instructeurs de combats corps à corps au Dynamo de Moscou entre les années 1920-1980. Ceci place le systema dans la même lignée d’entraînement militaire au combat corps à corps que le Sambo de combat.

Le Systema est un art martial libre et naturel, sans règles ni limites autres que morales, enseigne à combattre dans toutes les positions et situations. Il n’y a pas de modèles fixes ou de combinaisons imposées de mouvements. Sa force repose sur le développement de l’intuition et du contrôle de soi, indispensable en self-défense, comme dans la vie de tous les jours.
L’entraînement prend en compte le fait que tout peut arriver lors d’un combat. Il s’appuie donc sur des principes et tactiques de réponses à une attaque fondées sur les réactions instinctives et les caractéristiques propres de chacun.

Le Systema propose des méthodes de défense à mains nues, contre plusieurs agresseurs, contre un agresseur armé (couteau, bâton, etc), au sol. Il propose aussi des techniques de relaxation et respiratoires bénéfiques à la santé et à la condition physique.

Développé sous le régime soviétique, l’enseignement du Systema était réservé aux services de protection des très hautes personnalités et à certains membres des unités spéciales d’interventions (le Spetsnaz). Sa diffusion était même interdite en dehors de ces groupes très restreints

HISTORIQUE DE LA CAPOEIRA

HISTORIQUE DE LA CAPOEIRA

Origine

La capoeira est, semble-t-il, apparue entre le XVIe et le XVIIIe siècle au Brésil. Le premier document connu remonte à 1789, à Rio de Janeiro. Elle était alors exclusivement pratiquée par les esclaves noirs. Elle se distingue des autres arts martiaux par son côté ludique et souvent acrobatique (La capoeira est un mélange de danse et de style de combat, la danse cachant ainsi le caractère de combat, nettement utilisé par les tribus sous l’esclavage afin de masquer la violence de la danse). Les pieds sont très largement mis à contribution durant le combat et les « joueurs » prennent souvent position en équilibre sur les mains pour effectuer leurs mouvements de jambes.

Il s’agissait à l’époque pour les esclaves de s’entraîner au combat, sans doute en prévision d’une fuite prochaine. Pour ne pas être reconnue comme un art de combat qui aurait été évidemment réprimé, les esclaves la déguisèrent en danse rituelle.

Capoeira ou la danse de la Guerre par Johann Moritz Rugendas (1835)

Longtemps interdite et réprimée car considérée comme pratiquée par les brigands et malfrats en tous genres, la capoeira se pratiquait dans la rue, et les « capoeiristas » ou « Capoeira » causaient des désordres. Dans les années 1930, Mestre Pastinha, créateur de la « capoeira Angola » puis maître Bimba créateur de la « capoeira régional » (1900-1974) ont créé la première école (payante), d’abord tolérée, puis autorisée officiellement, à condition de rester entre ses quatre murs. La capoeira de rue continuait à être réprimée.

Dans l’école de Mestre Bimba, pour signaler le niveau des élèves, chacun avait un foulard de couleur autour du cou en fonction de son niveau. Puis, avec l’essor de la capoeira, le Brésil a vu apparaître de nombreux groupes et, vers 1970, un groupe qui souhaitait pratiquer la capoeira a créé un système de cordes à l’image des ceintures de couleur du karaté qui était tellement à la mode. Néanmoins, il n’y a pas d’uniformité entre les différents groupes de capoeira en ce qui concerne les couleurs des cordes. Chaque groupe a un classement de couleur qui lui est propre. La plupart du temps, la première corde est la blanche, qui représente la virginité et à qui on doit tout apprendre, mais parfois, cela peut être vert clair en signe d’un fruit qui n’a pas encore atteint maturité. Dans certains groupes la corde blanche est celle des « Maîtres » eux-mêmes. Cela prouve les différences parmi les groupes.

Les années 1980 et le renouveau des mouvements de conscience noire ont favorisé l’apparition des groupes qui cherchaient à se rapprocher de la tradition. Dans les mêmes années, des professeurs de capoeira se sont installés un peu partout dans le monde.

Au niveau international, la discipline est majoritairement organisée en groupes, eux-mêmes composés d’académies et d’écoles. Chaque groupe possède ses propres aspirations, pratiques et coutumes, tout en conservant la base culturelle commune de la discipline.

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